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RDC : Firmin Kiala-Ki-Nsoki finalise la mise en place de la Task Force de travail pour la structuration du futur système des normes des infrastructures

Le processus de normalisation du secteur des infrastructures et travaux publics en République démocratique du Congo arrive à maturation. Après l’adoption d’une feuille de route lors du Comité élargi de la Commission nationale d’élaboration des normes des infrastructures et travaux publics (CNE-ITP) du 11-06-2026, le Ministère des Infrastructures et Travaux publics a officialisé la mise en place d’une Task Force chargée de définir le cadre méthodologique, organisationnel et technique devant conduire à la production des premières normes nationales du pays.

Placée sous la supervision conjointe du Secrétaire Général ITP et du Directeur de Cabinet du ministre des ITP, cette équipe de Sept Experts de haut niveau dispose d’un mandat de vingt jours, du 26-06 au 24-07-2026, pour préparer les décisions structurantes qui permettront l’opérationnalisation effective de la CNE-ITP.

Selon le communiqué officiel publié à l’issue des travaux préparatoires, cette démarche traduit la « détermination du Gouvernement à poursuivre la modernisation du cadre normatif national afin de renforcer la qualité, la sécurité, la durabilité et la compétitivité des infrastructures en République démocratique du Congo ».

Un secteur confronté à une absence historique de référentiel national. L’initiative intervient dans un contexte particulier. Plus de soixante ans après l’indépendance, la RDC ne dispose toujours pas d’un corpus national harmonisé de normes applicables aux infrastructures, obligeant les différents intervenants à recourir à des référentiels étrangers souvent différents selon les bailleurs, les entreprises ou les maîtres d’ouvrage. Les Termes de Référence dressent un constat sans équivoque. « Les intervenants du secteur utilisent aujourd’hui, de manière non harmonisée, des références techniques variées. Cette situation engendre des divergences d’approche, des difficultés de contrôle, des risques de litiges contractuels et une qualité inégale des études et des travaux », peut-on lire dans le document. Celui-ci souligne également la complexité de l’environnement normatif congolais.

La RDC est, en effet, à la fois membre de la SADC, de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de l’Organisation africaine de normalisation (ARSO), tout en restant fortement influencée par les standards imposés dans le cadre des projets financés par les partenaires internationaux. « Toute démarche normative nationale doit tenir compte de cette position », insistent les Termes de Référence, qui qualifient la RDC de véritable « carrefour normatif ». Une mission de cadrage stratégique et non de réinvention. Contrairement à une idée répandue, la Task Force n’a pas pour mission de rédiger immédiatement des centaines de normes techniques. Sa première responsabilité consiste à définir la doctrine nationale qui orientera l’ensemble du processus. Les Termes de Référence rappellent à ce sujet un principe fondamental : la non-réinvention. « La Task Force n’a pas pour mission de créer ex nihilo des normes techniques, mais d’identifier, évaluer, adopter, adapter et harmoniser les meilleures pratiques nationales et internationales », renseigne le document.

 L’approche retenue privilégie ainsi l’adoption de référentiels éprouvés à l’échelle mondiale, adaptés ensuite aux réalités congolaises. « Le Ministère ne réécrit pas les méthodes de calcul universelles : il adopte des référentiels reconnus et y greffe les paramètres techniques propres au pays, comme le font les grandes administrations de travaux publics ».

 Cette orientation stratégique, validée par le Cabinet du ministre sur la supervision éclairée de Firmin KIALA KI-N’SOKI, considère que la véritable valeur ajoutée nationale résidera dans la définition des paramètres techniques congolais : charges d’exploitation, caractéristiques géotechniques, conditions climatiques, hydrologie, sismicité, durabilité des matériaux ou encore spécificités des véhicules circulant sur le réseau routier national. Huit objectifs majeurs assignés à la Task Force sous la coordination conjointe de Firmin KIALA KI-N’SOKI et de Georges KOSHI, Secrétariat général aux ITP, la Task Force devra produire plusieurs livrables considérés comme essentiels pour l’avenir du secteur. Les objectifs fixés sont particulièrement ambitieux. Il s’agit notamment : • d’arrêter une doctrine normative nationale ; • d’identifier les référentiels internationaux à adopter ; • de définir les paramètres techniques nationaux ; • d’élaborer un format standard applicable à toutes les futures normes ; • de lancer deux normes pilotes dans les domaines des routes et des ouvrages d’art ; • de proposer l’architecture institutionnelle des commissions spécialisées ; • de définir un mécanisme national de formation et de qualification des professionnels ; • de préparer les textes réglementaires nécessaires à l’applicabilité des futures normes. La mission est clairement définie dans les Termes de Référence : « Préparer les décisions stratégiques, méthodologiques et organisationnelles permettant d’appuyer l’opérationnalisation effective de la CNE-ITP, et d’en démontrer la faisabilité en engageant deux normes pilotes. » Des orientations déjà arrêtées par le ministère.

Plusieurs principes ont déjà été validés par le ministère et ne feront pas l’objet de débats au sein de la Task Force. Parmi eux figure l’adoption prioritaire des meilleures pratiques internationales plutôt que la création de normes entièrement nouvelles.

Les futures normes devront également être directement applicables dans les marchés publics grâce à leur intégration dans les cahiers des charges et les arrêtés ministériels. Le système envisagé va au-delà de simples documents techniques. Le ministère prévoit en effet la production d’un véritable référentiel composé de normes, guides techniques, manuels de conception, cahiers de prescriptions et dessins types destinés à harmoniser l’ensemble de la chaîne de construction. Vingt jours pour poser les fondations du futur système normatif Le calendrier retenu reflète l’importance stratégique accordée à cette réforme. Les travaux sont répartis en trois séquences : une première consacrée à la doctrine normative, une deuxième dédiée aux paramètres techniques nationaux et aux normes pilotes, puis une dernière orientée vers la gouvernance du système et la rédaction du rapport final.

En réalité, la Task Force vient appuyer et éclairer le travail en cours dans les différentes sous commissions issues de l’Atelier de lancement du 26 Mai 2026. Elle utilisera, pour ce faire, les premiers rapports d’avancement des sous-commissions pour mieux orienter les actions déjà engagées par les uns et les autres.

Chaque étape du travail de la Task Force fait l’objet d’un suivi rapproché du Directeur de Cabinet Firmin KIALA KI-N’SOKI, qui assure la supervision conjointe des points d’évaluation hebdomadaires avec le Secrétaire général ITP, Georges KOSHI.

À l’issue de ce processus, la Task Force remettra un rapport consolidé appelé à servir de socle aux sous-commissions techniques chargées de produire les normes détaillées. Une réforme appelée à transformer durablement le secteur L’enjeu, pour le Gouvernement, dépasse largement le cadre administratif.

L’ambition est de doter la RDC d’un système de référence capable de garantir la qualité des infrastructures publiques, d’améliorer le contrôle des ouvrages, de réduire les contentieux techniques et d’accroître la compétitivité du secteur de la construction. Le communiqué officiel rappelle ainsi que cette réforme doit contribuer à « renforcer la qualité, la sécurité, la durabilité et la compétitivité des infrastructures » à travers tout le territoire national. En concentrant les efforts sur le cadrage méthodologique, considéré comme près de 40 % du travail normatif global, le ministère entend créer les conditions d’une production rapide et cohérente des futures normes nationales.

L’objectif est de poser les fondations d’un système durable capable d’accompagner les ambitions de modernisation portées par le Gouvernement et de doter enfin la RDC du référentiel technique qui lui a longtemps fait défaut. ‎

Le monde scientifique et académique a bien compris l’importance de ce processus au point où certains centres de recherche et, particulièrement, la faculté polytechnique a mis formellement à disposition de différentes sous commissions du CNE-ITP, des éminents professeurs et membres du corps scientifique de l’Université de Kinshasa.

Bonne chance à cette initiative, combien salutaire du Ministère des ITP en droite ligne de la Déclaration de Kinshasa, issue de la première édition de la Conférence Nationale des Infrastructures et Travaux Publics en RDC.

CHRONIK’ECO

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