Après l’Ituri, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a effectué une tournée inédite au Bas-Uélé et au Maniema. Objectif : réaffirmer l’autorité de l’État, encadrer l’exploitation artisanale et repositionner ces provinces dans la stratégie minière de la République démocratique du Congo.
Le 21 avril 2026, Buta, chef-lieu du Bas-Uélé, a accueilli pour la première fois un ministre national des Mines. À la tête d’une délégation composée de députés nationaux, du secrétaire général aux Mines et de responsables techniques, Louis Watum Kabamba a lancé une mission de terrain à forte portée symbolique et politique.

Cette visite marque une rupture avec des années d’absence de l’État dans certaines zones minières enclavées. Elle traduit une volonté de rapprocher l’administration centrale des réalités locales et de reprendre la main sur un secteur stratégique souvent livré à lui-même.
Un diagnostic sévère
Sur place, le constat dressé est préoccupant. Malgré un potentiel aurifère important, le Bas-Uélé reste marqué par l’exploitation illicite de l’or, notamment dans les territoires de Poko et Ango. À cela s’ajoutent le non-respect du Code minier, la dégradation de l’environnement et la faible redistribution des revenus au profit des
communautés locales.
Face à ces dérives, les autorités entendent durcir le ton. Des équipements utilisés dans des activités illégales ont déjà été saisis, tandis que les opérateurs concernés sont appelés à se conformer strictement à la réglementation en vigueur.
Durant son séjour, le ministre a multiplié les échanges avec les députés provinciaux, les services techniques, les exploitants artisanaux et les représentants de la société civile. Une démarche inclusive visant à mieux cerner les défis du secteur et à identifier des solutions adaptées.
Dans cette dynamique, une commission mixte réunissant le gouvernement central et les autorités provinciales a été annoncée. Sa mission : assainir le secteur, restaurer l’autorité de l’État et garantir une meilleure traçabilité des ressources minières.
Cette initiative s’inscrit dans la vision du président Félix Tshisekedi, mise en œuvre sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, visant à faire du secteur minier un levier central du développement économique.
De Buta à Kindu, une stratégie d’élargissement
Après le Bas-Uélé, la délégation ministérielle s’est rendue à Kindu, dans la province du Maniema. Là encore, il s’agit d’une première pour un ministre national des Mines. Accueilli par une population mobilisée, Louis Watum Kabamba a poursuivi sa mission d’inspection et de structuration du secteur.
Des visites ont notamment été effectuées au comptoir de DRC Gold Trading, acteur clé dans la traçabilité de l’or, ainsi que dans des unités de traitement des minerais 3T, dont UMOJA et CJX Minerals. Ces structures sont appelées à jouer un rôle central dans la formalisation de la chaîne de valeur minière.
Au Maniema, comme au Bas-Uélé, l’enjeu est clair : transformer un potentiel minier largement sous-exploité en moteur de croissance économique. Cela passe par une meilleure organisation de l’exploitation artisanale, un encadrement renforcé des opérateurs et une intégration accrue dans les circuits formels.
Les autorités entendent ainsi promouvoir une exploitation plus responsable, génératrice de revenus pour l’État et bénéfique pour les populations locales.
À travers cette tournée, le gouvernement envoie un signal fort : celui d’un retour de l’État dans des zones stratégiques et d’une volonté de mettre fin à l’exploitation anarchique des ressources.

Dans un contexte où la République démocratique du Congo cherche à maximiser les retombées de son secteur minier, cette approche de proximité pourrait constituer un tournant. Reste à traduire cette présence accrue sur le terrain en réformes durables et en résultats tangibles pour les économies locales.
CHRONIK’ECO


