Réunis pour la troisième édition du Forum économique Angola–RDC, ministres, décideurs et chefs d’entreprise de la République démocratique du Congo et de l’Angola ont affiché, d’une même voix, leur volonté de faire basculer une coopération jusque-là timide vers un véritable moteur de croissance régionale.
Le ton a été donné dès l’ouverture des échanges par Daniel Mukoko Samba, Vice-Premier ministre, ministre congolais chargé de l’Économie nationale. Invoquant la vision commune des présidents des deux pays, il a appelé à accélérer l’intégration économique bilatérale, dans un contexte porteur, celui de la montée en puissance de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui redessine progressivement les règles du commerce sur le continent.

Les échanges ont rapidement pris un tour concret, articulés autour de trois chantiers identifiés comme prioritaires : la formalisation du commerce informel, la modernisation des paiements transfrontaliers et le développement conjoint de projets structurants.
Sur le premier point, le constat est partagé. Le commerce informel, s’il irrigue les économies locales, prive les deux États de recettes fiscales considérables et fragilise l’organisation des marchés. Les participants ont plaidé pour une formalisation progressive, adossée à des réformes administratives et à des mécanismes d’incitation adaptés aux réalités du terrain.
La question des paiements transfrontaliers cristallise, elle aussi, les frustrations. Les incompatibilités entre les systèmes monétaires congolais et angolais ont longtemps constitué un frein majeur aux échanges. Face à ce blocage, les deux délégations ont appelé à la mise en place de solutions financières modernes, sécurisées et moins coûteuses pour les opérateurs économiques.
Enfin, les deux pays entendent mutualiser leurs ressources dans des secteurs stratégiques hydrocarbures, pêche, agriculture, énergie pour bâtir des chaînes de valeur régionales compétitives et accélérer leur industrialisation respective.
Des accords attendus en fin de forum
Au-delà des déclarations d’intention, le Forum se veut une plateforme de résultats. Les rencontres B2B se multiplient en coulisses, et plusieurs négociations en cours pourraient déboucher sur la signature d’accords dans les secteurs de la pêche, des hydrocarbures et de l’électricité. Kinshasa a, pour sa part, réaffirmé son engagement à améliorer le climat des affaires et à lever les obstacles qui freinent encore les investisseurs étrangers.
Ce troisième Forum s’inscrit dans une dynamique qui dépasse le seul cadre économique. Angola et RDC partagent une frontière de plus de 2 500 kilomètres, une histoire commune et des intérêts stratégiques convergents. Le potentiel de leur coopération longtemps sous-exploité est aujourd’hui reconnu comme l’un des leviers les plus prometteurs de l’intégration en Afrique centrale et australe.
Reste l’épreuve décisive : transformer l’élan diplomatique en contrats signés, en usines construites et en emplois créés. C’est à cette aune que sera jugé, dans les prochains mois, le succès réel de ce troisième rendez-vous de Luanda.
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