Les travaux de la troisième édition du Forum économique RDC–Angola ont été lancés le mercredi 1er avril 2026 à Kinshasa, réunissant décideurs politiques, investisseurs et chefs d’entreprises des deux pays autour du thème « Intégration sous-régionale et développement du commerce transfrontalier ».

Pendant deux jours, les participants à ce forum se font le devoir d’identifier les sujets économiques importants et d’aboutir à l’identification de solutions communes afin de dynamiser une relation économique bilatérale que Kinshasa et Luanda entendent faire figurer en modèle d’intégration réussie sur le continent.
Dans sa communication lors de l’ouverture du forum, le ministre angolais d’Etat à la Coordination économique, José Massano a indiqué que malgré une frontière commune de 2 500 kilomètres et un marché potentiel de 170 millions d’habitants, le commerce formel entre la RDC et l’Angola ne dépasse pas 600 millions de dollars par an, soit à peine 0,3 % d’un PIB bilatéral combiné de 190 milliards de dollars américains.

Ce déséquilibre entre l’intensité des échanges informels le long de la frontière et la modestie du commerce officiel illustre à la fois l’ampleur du potentiel inexploité et la persistance des obstacles structurels barrières administratives, absence de correspondants bancaires, infrastructures frontalières insuffisantes qui freinent l’intégration économique réelle entre les deux voisins.
L’Angola met en avant ses réformes
Intervenant au nom et pour le compte du gouvernement angolais, le ministre Massano a dressé un tableau macroéconomique encourageant. Il ressort des allégations du ministre angolais que le secteur non pétrolier angolais a enregistré une croissance supérieure à 5 % au cours des deux dernières années, tandis que les réserves internationales atteignent 15,3 milliards de dollars américains, couvrant 7,4 mois d’importations. L’inflation, en décélération continue, s’approche de l’objectif d’un taux à un chiffre.

« Ces résultats s’inscrivent dans le cadre d’un vaste programme de réformes structurelles engagé par Luanda : privatisation de plus de 100 entreprises publiques, simplification des procédures administratives et investissements massifs dans les infrastructures énergétiques, routières, ferroviaires et aéroportuaires. Un environnement que le ministre a expressément présenté comme une opportunité pour les investisseurs congolais », a expliqué l’officiel angolais.
Au-delà des discours, plusieurs avancées opérationnelles ont été mises en avant. Notamment le poste frontalier de Luvo, dont l’ouverture était attendue par les opérateurs économiques depuis les précédentes éditions du Forum, est désormais fonctionnel. Une infrastructure moderne qui vise à « renforcer la sécurité des transactions et à favoriser la formalisation progressive du commerce transfrontalier ».
Sur le plan financier, des banques angolaises ont engagé des démarches auprès de la Banque centrale du Congo (BCC) en vue d’obtenir des licences bancaires, une initiative saluée par Luanda comme un pas décisif vers la fluidification des flux financiers bilatéraux.
Le modèle institutionnel du Corridor de Lobito axe reliant l’Angola à la RDC et à la Zambie, doté d’une agence dédiée à la facilitation du transport et du transit a été cité en exemple d’une coordination à étendre à d’autres axes frontaliers.
Un appel direct aux acteurs économiques
S’adressant sans détour aux entrepreneurs et investisseurs présents, le ministre Massano a lancé un message d’appel à l’action. « Le succès de l’intégration dépendra avant tout de votre capacité à agir, à investir et à transformer ces opportunités en projets concrets », a indiqué le ministre angolais. Un discours volontariste, adossé aux cadres régionaux favorables que constituent la SADC, la CEEAC et la Zone de libre-échange continentale
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