La pollution environnementale s’impose aujourd’hui comme l’un des défis les plus préoccupants de la ville de Kinshasa. D’après plusieurs études, elle serait à l’origine d’environ 12 % des décès enregistrés dans la capitale congolaise, un chiffre alarmant qui interpelle autorités et citoyens.
Cette problématique a été au cœur d’une conférence de presse animée par Obed Tshilomboji, écrivain et analyste social, au Centre culturel de Wallonie-Bruxelles. L’auteur y a livré un diagnostic sans complaisance de la situation environnementale de Kinshasa, qu’il qualifie de véritable menace pour la santé publique.
« Notre ombre collective, c’est la pollution qui étouffe Kinshasa. À cela s’ajoute la pauvreté énergétique qui fragilise le pouvoir d’achat des conducteurs de motos-taxis, communément appelés wewa, contraints de consacrer près de la moitié de leurs revenus au carburant », a-t-il dénoncé.
Cette rencontre avec les médias s’inscrivait dans le cadre de l’annonce du prochain vernissage de son ouvrage Au cœur de Kinshasa, une tétralogie consacrée aux réalités sociales, culturelles, économiques et environnementales de la capitale. À travers cette œuvre, Obed Tshilomboji dresse un tableau lucide du quotidien des Kinois et, plus largement, de la société congolaise.
Au-delà du constat, l’auteur propose également des pistes de solutions pour faire face aux maux structurels qui affectent le pays, notamment la pollution, le chômage et l’informalité économique. Il appelle à une prise de conscience collective et à une responsabilité individuelle accrue afin de bâtir un avenir plus sain et durable.
« La pollution est une véritable gangrène mortelle. La combattre doit devenir une priorité absolue pour tous les habitants de Kinshasa », a-t-il insisté, plaidant pour des actions urgentes et concrètes en faveur de l’environnement.
Dans une perspective résolument optimiste, Obed Tshilomboji soutient que la valorisation du patrimoine culturel et artisanal congolais pourrait générer jusqu’à 100 milliards de dollars américains au cours des cinq prochaines années, à condition de rompre avec l’informel et l’invisibilité économique.
Selon lui, cette ambition rejoint pleinement la vision du chef de l’État de faire de la République démocratique du Congo un véritable « pays-solution », capable de créer de la richesse et d’améliorer durablement le bien-être de sa population.
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