La RDC inaugure un projet industriel ambitieux avec le lancement de la Cité sino-congolaise à Maluku, près de Kinshasa. Première phase estimée à 12 milliards USD, ce complexe de 7 500 hectares s’inscrit dans un plan global de 50 milliards USD visant à créer une nouvelle ville industrielle et commerciale. Au-delà de la création attendue de 150 000 emplois, le projet teste la capacité du pays à diversifier son économie, à attirer les investissements étrangers et à renforcer la gouvernance dans les partenariats public-privé avec la Chine.
La lRépublique démocratique du Congo (RDC) franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de diversification économique avec le lancement officiel de la Cité industrielle sino-congolaise. Un projet colossal estimé à 12 milliards USD pour sa première phase, dans la commune de Maluku, à l’est de Kinshasa.
La convention de collaboration a été signée le 23 octobre 2025 entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Sino-Congo Special EconomicDevelopment Zone (SCSZ), au cours d’une cérémonie présidée par la Première ministre Judith Suminwa. Cet accord marque le lancement officiel d’un chantier présenté comme l’un des plus structurants du programme d’extension de la ville de Kinshasa.
Le projet s’inscrit dans un plan plus ambitieux, évalué à 50 milliards USD, visant à créer une nouvelle ville de 43 000 hectares, combinant activités industrielles, commerciales et résidentielles. L’objectif affiché par le gouvernement est celui de réduire la dépendance de la République démocratique du Congo (RDC) aux exportations minières et promouvoir le développement de filières industrielles locales à forte valeur ajoutée.
La Cité industrielle dont les travaux débutent bientôt, doit concentrer huit parcs industriels sur 5 000 hectares, accueillant 1 200 usines dans des secteurs diversifiés : agro-industrie, textile, matériaux de construction, chimie, métallurgie, électronique et recyclage. Le projet prévoit également un quartier commercial de 2 000 hectares et un quartier ouvrier de 500 hectares, intégrant les services et logements nécessaires aux travailleurs, et créant ainsi une véritable cité industrielle intégrée.
Des chiffres ambitieux
Selon les premières estimations, le projet pourrait générer plus de 150 000 emplois directs et indirects à moyen terme. La viabilisation du site — routes, réseaux électriques, eau, assainissement — sera prioritaire lors des deux premières années, avant l’implantation progressive des unités industrielles à partir de 2027. La pleine exploitation est attendue à l’horizon 2030. Si l’investissement initial pour la première phase a été réévalué de 8 à 12 milliards USD, il soulève des questions sur le financement des phases ultérieures et sur la capacité du pays à mobiliser des ressources publiques et privées suffisantes dans un environnement économique encore fragile.
Un partenariat inspiré du modèle Sicomines
La société de projet Sino-Congo Special EconomicDevelopment Zone (SCSZ), pilotée par China State Construction Engineering, rappelle le modèle Sicominesde 2008, qui liait l’exploitation minière à des investissements dans les infrastructures. Ce type de partenariat présente des avantages en termes de transfert de technologie et de financements, mais soulève aussi des interrogations sur la gouvernance et la transparence.
Le Comité stratégique de supervision du projet d’extension de Kinshasa (CSSPEVK) assure que des mécanismes de suivi renforcés seront mis en place, afin de garantir la traçabilité des fonds et la bonne répartition des bénéfices, un point crucial pour rassurer investisseurs et institutions financières internationales.
Au-delà de la dimension industrielle, la Cité de Malukureprésente un test majeur de planification urbaine et économique. En concentrant production, logistique et habitats dans un même espace, le gouvernement espère réduire la pression sur Kinshasa, stimuler la création de valeur locale et attirer des investisseurs étrangers.
Toutefois, la réussite du projet dépendra de la coordination institutionnelle, de la gestion des risques financiers et opérationnels, ainsi que de la capacité à respecter les délais dans un contexte où les grands projets publics en RDC ont souvent été ralentis par des contraintes techniques, financières et administratives.
Pour certains analystes, la Cité industrielle sino-congolaise constitue donc un indicateur clé de l’efficacité des partenariats public-privé avec la Chine et un baromètre du potentiel de transformation industrielle de la RDC.
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