Le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a entamé, le dimanche 14 juin 2026, une mission économique dans la province du Sankuru avec un objectif clair : identifier les contraintes qui freinent l’activité économique et accélérer le désenclavement de cette province du centre de la République démocratique du Congo.
Dès son arrivée à Lodja, le ministre de l’Économie nationale a immédiatement engagé des consultations avec les autorités territoriales afin d’évaluer les priorités économiques locales. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie gouvernementale visant à améliorer la connectivité des territoires enclavés et à renforcer leur intégration aux circuits économiques nationaux.

Dans le cadre de cette mission officielle, Daniel Mukoko Samba a visité les installations de l’Office des routes, où il s’est entretenu avec le directeur provincial, Serge Mukamba Tunga. Sur place, le ministre a constaté la sous-utilisation d’un important parc d’équipements composé notamment de camions-bennes, d’excavatrices et de compacteurs, pourtant essentiels à l’entretien des infrastructures routières.
Poursuivant sa mission au niveau du Pont Lokenye, principal corridor logistique permettant l’acheminement des marchandises vers Lodja depuis Kinshasa via le port de Bena-Dibele, le ministre s’est déclaré impressionné par cet ouvrage capable de supporter jusqu’à 42 tonnes. Cette infrastructure constitue un maillon essentiel des échanges commerciaux entre l’ouest du Sankuru et les provinces voisines.

Le ministre de l’Économie nationale s’est également rendu au poste d’accostage d’Okoto, sur la rivière Lokenye. Cette voie navigable reliant la région à Kinshasa joue un rôle important dans l’approvisionnement local grâce aux baleinières pouvant transporter entre 80 et 100 tonnes de marchandises. Toutefois, l’absence de balisage limite fortement le potentiel économique de cet axe fluvial, un problème qui pourrait être résolu afin de favoriser le désenclavement de la zone.
Par ailleurs, la délégation gouvernementale conduite par le ministre Mukoko Samba a inspecté plusieurs sites d’érosion menaçant la Route nationale n°7 (RN7), ainsi qu’une mini-centrale solaire destinée à améliorer l’accès à l’électricité dans le territoire de Lodja.
Le coût de l’enclavement
Pour Daniel Mukoko Samba, les difficultés structurelles du Sankuru se traduisent directement par une hausse du coût de la vie et des facteurs de production. « Il n’est pas normal qu’une bouteille de Coca-Cola vendue à 2 500 francs congolais à Kinshasa coûte jusqu’à 8 000 francs congolais à Lodja, ou qu’un sac de ciment atteigne l’équivalent de 50 dollars américains, alors que dans la capitale, le même produit coûte environ 11 dollars américains. C’est ce problème fondamental qu’il faut résoudre », a déclaré Daniel Mukoko Samba.

Ces écarts de prix illustrent le coût économique de l’enclavement, qui pèse sur les ménages, réduit la compétitivité des entreprises locales et freine les investissements. Le gouvernement entend ainsi élaborer des solutions concrètes pour améliorer la circulation des personnes et des marchandises, tout en soutenant le développement de la production locale. Le ministre a notamment insisté sur la nécessité de préserver la continuité de la RN7, dont une interruption aurait des conséquences immédiates sur les prix des biens de consommation dans la région.
La première journée de cette mission s’est achevée par une rencontre avec les représentants de la société civile et les opérateurs économiques affiliés à la Fédération des entreprises du Congo de Lodja. Ces consultations, qui se poursuivront tout au long de la mission, visent à recueillir les préoccupations des acteurs locaux afin d’établir un diagnostic économique approfondi de la province.
À travers cette démarche, le gouvernement cherche à identifier les interventions prioritaires susceptibles de lever les contraintes logistiques, énergétiques et infrastructurelles qui limitent aujourd’hui le potentiel économique du Sankuru.
Au-delà du constat, cette mission pourrait constituer une étape décisive dans la définition d’une stratégie de désenclavement capable de transformer durablement l’environnement des affaires et les conditions de vie dans cette province longtemps restée en marge des grands flux économiques nationaux.
CHRONIK’ECO


