Les travaux de la 13e session de la Conférence des Gouverneurs se sont clôturés le vendredi 27 mars 2026 à Bandundu-ville, chef-lieu de la province du Kwilu, sous la conduite du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Plusieurs recommandations ont sanctionné cette session, élargie aux présidents des assemblées provinciales, et qui s’est distinguée par son thème relatif à la transformation du secteur agropastoral, halieutique et du développement rural. Des recommandations ont été formulées sur la gouvernance de ces secteurs afin de les dynamiser. Question de donner un coup d’accélérateur à ces domaines porteurs de croissance, appelés à redonner au pays son autonomie alimentaire.
Parmi les défis à relever figurent notamment le renforcement du financement du secteur agricole et rural, la facilitation de l’accès aux marchés urbains, l’amélioration des infrastructures et l’encouragement des chaînes de valeur porteuses.
Le gouvernement Suminwa se dit prêt à accompagner les provinces dans la recherche de solutions à leurs préoccupations.
La République démocratique du Congo se trouve ainsi à un tournant décisif de son histoire. La volonté politique, soutenue par des mesures concrètes et innovantes, doit désormais se traduire en actions tangibles pour transformer en profondeur les secteurs clés, l’économie et la société.
Ci-dessous, l’interview exclusive accordée le Professeur ordinaire Guy Nkayilila Muluba, Recteur de l’Université de Bandundu (UNIBAND).
Chronik’Eco : Monsieur le Recteur, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Chronik’Eco qui vous lisent à travers le monde ?
Guy Nkayilila : Vous l’avez bien dit, je suis Monsieur Nkayilila Muluba Guy, professeur des universités. Je suis professeur ordinaire et Recteur de l’Université de Bandundu, qui compte actuellement sept facultés : la Médecine humaine et vétérinaire, le Droit, les Lettres et sciences humaines, la Psychologie et les sciences de l’éducation, l’Environnement, l’Agriculture, la Philosophie et les Sciences économiques. Je suis également prêtre du diocèse de Kenge et j’ai été coordinateur du bureau technique de l’organisation de la 13e Conférence des Gouverneurs dans le Kwilu.
Je rends un vibrant hommage au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Chef de l’État, pour le choix porté sur la province du Kwilu, pour son message inspirant et pour sa vision de révolutionner les secteurs agricole et halieutique.
Je remercie également Son Excellence Madame le Professeur Marie-Thérèse Sombo, ministre de l’ESU/RSI, qui a contribué efficacement sur le plan logistique en mettant à disposition des bus et plusieurs jeeps ayant facilité le transport des hôtes.
Vous êtes Recteur de l’Université de Bandundu. Comment justifiez-vous votre participation à ces assises ?
L’intelligence est la capacité de l’homme à transformer la société et à répondre aux défis qui s’imposent. Je remercie le Gouverneur de province, l’Honorable Dr Philippe Akamituna, pour la confiance accordée au monde universitaire dans l’organisation de ces assises.
Nous avons apporté notre expertise à travers la coordination du bureau technique. C’était une intelligence mise au service de la nation. Chacun doit apporter sa pierre à l’édifice. Les enjeux étant de taille, « aux grands maux, les grands remèdes », comme le dit l’adage.
Était-il facile d’organiser une telle rencontre dans une province issue du récent démembrement ?
Les pronostics allaient dans tous les sens. Certains prophètes de malheur annonçaient même l’échec sur les réseaux sociaux. Mais il était question de mobiliser les intelligences pour donner le meilleur.
Grâce à cette conférence, la ville de Bandundu est devenue un véritable chantier, et l’on espère que les travaux se poursuivront. Il en est de même pour la ville de Kikwit.
Ces assises ont permis un coup de pouce significatif en matière d’infrastructures : aéroports, voiries urbaines, électricité, bâtiments administratifs, hébergements… Tous ces secteurs ont connu une transformation notable.
Il faut également saluer la mobilisation, la discipline et l’implication de la population locale.
Quels sont les grands défis à relever pour concrétiser les résolutions ?
Les recommandations sont nombreuses et portent sur la gouvernance des secteurs agropastoral, halieutique et du développement rural.
Il s’agit d’accélérer la croissance de ces secteurs afin d’assurer l’autonomie alimentaire du pays.
Les défis majeurs sont : renforcer le financement, faciliter l’accès aux marchés urbains à travers l’entretien des routes, améliorer les infrastructures et développer les chaînes de valeur, notamment par la réhabilitation des unités de transformation.
La disponibilité du gouvernement à accompagner les provinces est fortement saluée.
Quelles opportunités offre la province du Kwilu ?
Le Kwilu est une province à vocation agricole. On y produit du caoutchouc, de l’huile de palme, du manioc, de l’arachide, de la courge, de la tomate, du piment, des céréales et une grande variété de fruits.
La province dispose également d’un réseau hydrographique stratégique et d’une population jeune et dynamique.
Il ne reste qu’à améliorer les techniques de production, de transformation et de commercialisation.
La connectivité aux marchés est essentielle. Le Kwilu est-il prêt ?
Plusieurs projets routiers sont en cours : réhabilitation et construction de routes modernes.
Le Chef de l’État a instruit la réhabilitation du port de l’ONATRA à Bandundu-ville, ainsi que de la RN17 (Mongata–Bandundu-ville, 395 km), de la RN19 (Petit-Kasaï–Bulungu, 65 km), et d’autres tronçons stratégiques.
Le balisage des rivières Kwilu, Kwango et Kasaï est également nécessaire.
Le Kwilu s’ouvre progressivement aux marchés.
Quel impact pour la population ?
Plusieurs secteurs ont bénéficié de cette conférence : hôtellerie, restauration, transport, commerce. Cela a permis une relance économique locale.
C’était aussi un moment d’échanges et de création de relations.
Quel intérêt pour l’UNIBAND ?
Le Chef de l’État a inscrit la construction des institutions universitaires dans son programme. Le Kwilu compte deux universités publiques : Bandundu et Kikwit.
L’UNIBAND dispose d’une concession de 84 hectares, avec certificat d’enregistrement, située au bord de la rivière Kwilu.
Nous attendons la concrétisation de ces projets avec beaucoup d’espoir.
Quelle est votre évaluation globale ?
C’est une réussite totale. L’organisation a été impeccable et les travaux se sont déroulés dans la sérénité.
Vos suggestions pour l’avenir ?
Il serait souhaitable de prolonger ce type d’assises, car elles permettent de mieux comprendre les réalités provinciales et de renforcer la cohésion nationale.
Propos recueillis par Albert Manolo


