À Kinshasa, le gouvernement congolais a ouvert le vendredi 13 mars 2026, un atelier national stratégique consacré à l’évaluation de la gestion de la dotation minimale de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières, mécanisme clé censé financer le développement des communautés riveraines des sites d’exploitation.
La cérémonie d’ouverture a été coprésidée par la ministre d’État aux Affaires sociales, Ève Bazaiba Masudi, et le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, tous deux à la tête du comité chargé de superviser ce dispositif inédit dans la gouvernance minière congolaise.
Du 13 au 16 mars, l’atelier rassemble les responsables des Organismes spécialisés de gestion de la dotation (OS-DOT) ainsi que des experts sectoriels. Objectif : dresser un bilan complet du fonctionnement de ces structures et mesurer l’impact réel des projets financés, alors que le renouvellement de leurs organes dirigeants approche.
Pour le ministre des Mines, le secteur extractif demeure le pilier de l’économie nationale — source majeure de croissance, d’emplois et de recettes publiques — mais la redistribution vers les populations locales reste un enjeu crucial.
« Une évaluation rigoureuse et sans complaisance est indispensable pour identifier les contraintes et améliorer l’efficacité », a-t-il insisté.
Sur le terrain, le bilan apparaît contrasté.
Dans cinq grandes provinces minières — Haut-Katanga, Lualaba, Haut-Uélé, Kasaï Oriental et Nord-Kivu — 46 OS-DOT ont été installés, dont 43 fonctionnent effectivement.
Sur 485 projets validés : 222 sont achevés,
169 sont en cours d’exécution,
41 en phase de passation des marchés,
53 n’ont pas encore démarré.
Ces données témoignent d’avancées tangibles, mais aussi de lenteurs persistantes dans la transformation des ressources minières en infrastructures et services pour les populations.
Les travaux devraient aboutir à une série de recommandations visant à renforcer la gouvernance, la transparence et la performance des OS-DOT. Pour Kinshasa, l’enjeu est clair : faire de cette dotation un véritable levier de développement dans les zones extractives, souvent marquées par la pauvreté malgré l’abondance des ressources.
Ce mécanisme s’inscrit dans la stratégie de valorisation nationale des richesses naturelles portée par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, avec l’ambition affichée de bâtir un secteur minier plus inclusif et durable.
En filigrane, une question demeure : la manne minière profitera-t-elle enfin aux communautés qui en subissent les impacts au quotidien ?
Chronik’Eco


