Vulgariser le droit par la musique. L’idée peut surprendre, mais elle est au cœur d’une initiative portée par le professeur Aser Nzovu Luvuji et l’assistant Jacques Octave Kabemba. À travers leur ouvrage intitulé « Quand le droit se meut en musique », les deux auteurs entendent rendre les notions juridiques plus accessibles à une population souvent éloignée des textes officiels.
Présenté lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le projet repose sur un constat largement partagé en République démocratique du Congo : malgré le principe selon lequel nul n’est censé ignorer la loi, l’accès effectif au droit reste limité. Faible diffusion du Journal officiel, complexité du langage juridique et manque d’outils pédagogiques adaptés contribuent à maintenir une distance entre les citoyens et les normes qui les régissent.
Pour réduire cet écart, les initiateurs du projet misent sur un levier puissant : la musique. Omniprésente dans la société congolaise, elle traverse les barrières sociales et linguistiques et constitue un vecteur privilégié de transmission.
Depuis plus de vingt ans, le professeur Aser Nzovu Luvuji expérimente déjà cette approche dans ses enseignements, en s’appuyant sur des chansons populaires pour illustrer des concepts juridiques complexes. Une méthode qui, selon lui, facilite la mémorisation et permet une meilleure appropriation du droit par les apprenants.
LexMusica, une application au cœur du dispositif
Au-delà du livre, le projet s’inscrit dans une dynamique participative avec le lancement de LexMusica. Cette application permet au public de prendre part au processus en votant pour l’artiste qui parrainera le vernissage de l’ouvrage.
Accessible gratuitement sur Android et iPhone, LexMusica propose une sélection d’une cinquantaine d’artistes.
À l’issue du vote, le parrain sera choisi parmi les cinq candidats arrivés en tête, avec un mécanisme de remplacement prévu en cas de désistement, afin de respecter la volonté exprimée par les utilisateurs. Pour ses initiateurs, l’ambition dépasse largement le cadre académique. Il s’agit de faire émerger une culture juridique populaire, en rendant le droit non seulement compréhensible, mais aussi « consommable » et proche du quotidien des citoyens.
Invitée lors du lancement, Joëlle Bile a salué une initiative « à célébrer », estimant qu’elle permet de réconcilier la rigueur du droit avec la sensibilité artistique. Elle y voit également un levier pour repositionner la musique congolaise comme un outil d’éducation et d’émancipation.

Dans un contexte où la méconnaissance des lois limite souvent leur application, cette initiative pose les bases d’une nouvelle approche de la vulgarisation juridique. En misant sur la musique comme support pédagogique, les auteurs espèrent contribuer à rapprocher durablement la loi des citoyens.
« L’artiste qui récoltera un plus grand nombre de votes sera désigné parrain du vernissage du livre le moment venu. Etant donné que le parrain fera partie du top 5, il pourra être remplacé en cas de désistement, par son poursuivant direct. Ceci s’inscrit dans le souci de respecter le choix opéré par le public. C’est cela aussi un Etat de droit », a expliqué le professeur Aser Nzovu Luvuji.
Pour voter, le public est donc exhorté à télécharger l’application sur playstore, s’inscrire puis passer au vote. Simple à utiliser, LexMusica est gratuitement téléchargeable pour android comme pour Iphone. Une fois l’application installée, le votant devra donc choisir parmi une cinquantaine d’artistes proposés pour le parrainage. A l’issue de la campagne, le choix du parrain sera porté parmi le top 5 des élus. Le selectionné devra ainsi parrainer l’ouvrage le jour du vernissage.
Chronik’Eco


