Du 1er au 4 mars 2026, la République démocratique du Congo s’est illustrée à la convention annuelle de la Prospectors & Developers Association of Canada (PDAC), le plus grand rendez-vous mondial de l’industrie minière organisé à Toronto. Conduite par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, la délégation congolaise y a porté une vision ambitieuse : faire des ressources minérales du pays un moteur d’industrialisation, de souveraineté économique et de développement durable.

Dans un contexte mondial marqué par la compétition pour l’accès aux minerais critiques indispensables à la transition énergétique, la présence de la RDC au PDAC 2026 a pris une dimension stratégique. L’objectif affiché par Kinshasa est clair : dépasser le modèle traditionnel d’exportation de matières premières et s’imposer dans les chaînes de valeur mondiales des métaux de transition.
Devant investisseurs et dirigeants d’entreprises minières réunis lors du forum Mining Investment in Africa et du programme Spotlight on DRC, le ministre Louis Watum Kabamba a insisté sur la nécessité d’aller au-delà de la simple extraction des ressources.
« La manière dont nous valorisons nos ressources naturelles ne peut plus se limiter à l’extraction. Elle doit intégrer la connaissance géologique, la transformation industrielle et la souveraineté économique », a-t-il déclaré.

Malgré les défis sécuritaires dans l’Est du pays, la RDC confirme sa place centrale dans l’industrie minière mondiale. La production de cuivre dépasse désormais trois millions de tonnes par an, tandis que le cobalt essentiel pour les batteries électriques connaît une forte valorisation sur les marchés internationaux, avec un prix passé d’environ 20 000 à près de 55 000 dollars la tonne.
À Toronto, plusieurs projets structurants ont également été mis en avant. Parmi eux figurent le lancement de la première production de lithium dans la province du Tanganyika dès le deuxième trimestre 2026, l’expansion des partenariats avec des groupes miniers internationaux tels que Glencore, CMOC Group et Ivanhoe Mines, ainsi que la création d’une raffinerie d’or dans le Tanganyika afin de renforcer la transformation locale des ressources.
Autre projet majeur : le corridor stratégique des Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR), dont la première phase représente près de 29 milliards de dollars d’investissements. Cette infrastructure minière et logistique ambitionne de connecter le nord-est et le sud-ouest du pays et de soutenir la future industrialisation du secteur.

En marge du PDAC, le ministre des Mines a également rencontré de jeunes chercheurs congolais de l’Université de Kinshasa, membres de l’équipe Bana Kongo, distinguée lors de la compétition internationale NGEA 2026. Classés parmi les six finalistes sur une quarantaine d’équipes, ils ont remporté le Prix de l’Impact et de l’Exploration, illustrant le potentiel scientifique congolais dans le domaine de l’exploration géologique.
Au terme de cette mission économique et diplomatique, la RDC a réaffirmé son ambition : passer du statut de simple fournisseur de minerais à celui d’acteur industriel clé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales liées à la transition énergétique.
Chronik’Éco


