Réunis à Arusha, en Tanzanie pour le 25ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État de la East African Community (EAC), les dirigeants de la région ont adopté une réforme majeure du système de financement de l’organisation. Une décision stratégique qui vise à assainir les finances de la communauté et à donner un nouveau souffle au processus d’intégration régionale.
Au centre de cette réforme, c’est une nouvelle clé de contribution des États membres au budget de cette organisation régionale. Désormais, le financement de l’EAC reposera sur une formule hybride : 50 % du budget sera financé par une contribution égale de tous les États membres, tandis que les 50 % restants seront calculés en fonction de la taille et de la capacité économique de chaque pays.
Cette nouvelle architecture financière doit entrer en vigueur le 1er juillet 2026. Elle vise à corriger les déséquilibres de l’ancien système qui reposait sur une répartition de 65 % de contribution égale et 35 % basée sur la performance économique des États.
Avec les profondes disparités économiques existant entre les pays de la région, cet ancien modèle était de plus en plus critiqué. Plusieurs États estimaient supporter une charge disproportionnée par rapport à leur capacité réelle, ce qui avait progressivement entraîné des retards de paiement et une accumulation importante d’arriérés de contributions.
Au fil des années, ces retards ont fragilisé le fonctionnement de certaines institutions régionales et ralenti la mise en œuvre de programmes essentiels de la communauté, notamment dans les domaines du commerce, des infrastructures régionales et de l’harmonisation des politiques économiques.
Face à cette situation, les chefs d’État ont décidé d’accompagner la réforme d’une mesure exceptionnelle d’allègement des dettes des États membres. Une remise de 50 % des arriérés de contributions a été approuvée, à condition que les pays concernés s’acquittent du solde restant dans un délai de deux ans.
Ici, l’idée est de remettre les compteurs à zéro et instaurer une nouvelle discipline budgétaire au sein de l’organisation.
Cette réforme intervient également dans un contexte d’élargissement de la communauté. Depuis quelques années, l’EAC a accueilli de nouveaux membres, notamment la République démocratique du Congo en 2022 et la Somalie en 2024, portant à huit le nombre d’États composant le bloc régional. Cette expansion a accentué les disparités économiques entre les membres, rendant encore plus urgente la révision du modèle de financement.
Pour les dirigeants de la communauté, cette réforme constitue une étape essentielle pour garantir la viabilité financière de l’EAC et soutenir son agenda d’intégration. Celui-ci comprend notamment le renforcement du marché commun, la suppression des barrières commerciales intra-régionales, le développement d’infrastructures transfrontalières et la poursuite du projet d’union monétaire Est-africaine.
Dans un contexte régional marqué par des défis économiques et géopolitiques croissants, les chefs d’État ont insisté sur la nécessité pour les États membres de respecter leurs engagements financiers afin de préserver la crédibilité et l’efficacité de l’organisation.
À Arusha, le message des dirigeants est donc sans équivoque : l’intégration régionale ne peut progresser sans une base financière solide et une discipline budgétaire collective. La réforme adoptée pourrait ainsi marquer un tournant décisif pour l’avenir de l’EAC, à condition que les engagements pris se traduisent désormais par des contributions effectives et régulières des États membres.
Chronik’Eco


