Après avoir pris part au Forum des institutions générales de l’Etat (FIGE) organisé à Djibouti du 3 au 5 février 2026, le Directeur général de l’Observatoire de Surveillance de la Corruption et de l’Éthique Professionnelle (OSCEP), Benoît Patrice Tupa Kamango, a livré une restitution stratégique de sa première mission officielle à l’étranger.
Placée sous le thème du numérique et de l’intelligence artificielle comme nouveaux remparts contre la corruption, cette rencontre continentale a réuni plusieurs institutions supérieures de contrôle et de gouvernance publique d’Afrique.
Pour le Directeur général de l’OSCEP, cette participation marque une étape décisive dans l’ancrage de la République démocratique du Congo (RDC) dans les standards modernes de gouvernance.
Dans un entretien avec un parterre des médias, le directeur de l’OSCEP a renseigné que les travaux de Djibouti ont mis en lumière le rôle croissant des nouvelles technologies dans la prévention et la détection des pratiques corruptives, dans un contexte africain confronté à la criminalité transnationale et aux antivaleurs persistantes.
Aux côtés du patron de l’OSCEP, la RDC était également représentée par l’Inspecteur général des finances et chef de service de l’IGF, Christophe Bitasimwa Bahii. Pour la délégation congolaise, l’enjeu était triple : affirmer la présence du pays sur la scène internationale, s’aligner sur les standards contemporains de gouvernance et démontrer l’engagement de la RDC dans la modernisation structurelle de ses mécanismes de contrôle.
Selon Benoît Patrice Tupa Kamango, la RDC est appelée à jouer un rôle pivot en Afrique, conformément à la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Le directeur général de l’OSCEP a salué les réformes institutionnelles engagées ces dernières années, notamment la création d’un ministère dédié au Numérique lors du premier quinquennat du Chef de l’État, puis la consolidation de cette dynamique avec la mise en place d’un ministère de l’Économie numérique au cours du second mandat. Il a également mis en avant l’action du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, engagé dans la digitalisation de l’administration publique et la modernisation des services de l’État.
L’OSCEP, bras technique de la moralisation publique
Institution publique à caractère technique et consultatif, l’OSCEP agit comme un bras technique du gouvernement dans la promotion de l’éthique et la lutte contre la corruption. Ses missions portent notamment sur la promotion des valeurs d’intégrité au sein de l’administration publique et le suivi de l’application du Code de conduite de l’agent public de l’État….
Pour son directeur général, l’intégration du numérique constitue désormais un impératif stratégique. Benoît Patrice Tupa Kamango a plaidé pour l’implantation d’une véritable culture du numérique dans les établissements publics.
Parmi les avantages attendus figurent l’intégration de l’intelligence artificielle pour traiter des volumes importants de données ; la migration vers une administration sans papier afin de réduire les lourdeurs et la lenteur administrative ; la modernisation des outils de contrôle pour renforcer l’efficacité de la lutte anticorruption ; l’amélioration de la traçabilité des actes administratifs et la transparence dans la gestion publique. Selon lui, ces innovations technologiques permettront de rendre l’action publique plus efficace, plus rapide et plus crédible.
Prochain rendez-vous à Kinshasa
Le Directeur général de l’OSCEP a annoncé que les prochaines assises du FIGE se tiendront en octobre prochain à Kinshasa. Un rendez-vous stratégique, d’autant plus que Christophe Bitasimwa Bahii occupe actuellement le poste de vice-président du comité directeur du Forum.
Benoît Patrice Tupa Kamango a appelé les gestionnaires des établissements publics à « passer résolument à l’action » en accélérant la transition vers une administration numérique et en intégrant pleinement l’intelligence artificielle dans les mécanismes de contrôle.
À travers cette participation au FIGE 2026, l’OSCEP entend positionner la RDC comme un acteur engagé dans la gouvernance éthique et la modernisation technologique, à l’heure où la transformation numérique s’impose comme un levier majeur de lutte contre la corruption en Afrique.
CHRONIK’ECO


