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Minéraux critiques : à Washington, la RDC affirme son leadership mondial avec 70 % du cobalt et 25 000 milliards USD de réserves

La République démocratique du Congo a réaffirmé son rôle central dans l’architecture mondiale des minéraux critiques. Représentant le pays à la première Réunion ministérielle sur les minéraux critiques organisée par le Gouvernement des États-Unis, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a porté à Washington un message clair : la RDC est un acteur stratégique incontournable de la transition énergétique mondiale et entend désormais peser davantage dans les chaînes de valeur industrielles et technologiques.

La rencontre, qui a réuni plus de 50 délégations internationales, s’inscrivait dans un contexte de recomposition des chaînes d’approvisionnement mondiales, marqué par la volonté des grandes puissances de sécuriser des sources responsables et durables de minéraux critiques.

S’exprimant au nom du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, le ministre Louis Watum Kabamba a salué l’initiative américaine visant à renforcer la coopération internationale autour de chaînes d’approvisionnement responsables, transparentes et résilientes en minéraux critiques. Il a souligné l’importance d’un partenariat équilibré entre pays producteurs et pays consommateurs, fondé sur la création de valeur locale, le transfert de technologies et le respect des normes environnementales et sociales.

Dans son intervention, le ministre des Mines a rappelé les chiffres qui placent la RDC au cœur de la transition énergétique mondiale. Le pays assure à lui seul près de 70 % de la production mondiale de cobalt et environ 10 % de celle du cuivre, deux minerais essentiels aux batteries électriques, aux énergies renouvelables et aux technologies de décarbonation.

Les exportations minières congolaises ont dépassé 25 milliards de dollars américains en 2024, confirmant le poids du secteur dans l’économie nationale. Mais au-delà des performances actuelles, le ministre a mis en lumière un potentiel encore largement inexploité : plus de 90 % des réserves géologiques du pays restent à explorer, pour une valeur estimée à près de 25 000 milliards de dollars.

« Ce potentiel représente un enjeu stratégique non seulement pour la RDC, mais pour l’économie mondiale dans son ensemble », a-t-il souligné.

Au cœur du plaidoyer congolais figure une ambition assumée : rompre progressivement avec le modèle purement extractif au profit d’une chaîne de valeur intégrée, industrielle et technologique, créatrice d’emplois durables.

Le ministre a mis en avant plusieurs projets structurants, notamment le projet MIFOR, dédié au développement des ressources en minerai de fer de la Grande Orientale. Ce projet s’appuie sur des investissements majeurs dans les infrastructures énergétiques et logistiques, condition essentielle à l’industrialisation du secteur minier.

Parallèlement, des programmes nationaux d’exploration sont en cours afin d’élargir l’offre mondiale en minéraux critiques et d’attirer des investissements de long terme, capables de soutenir une industrialisation progressive et maîtrisée.

Louis Watum Kabamba a également salué le lancement récent du projet Vault, porté par une société opérant en RDC, présenté à la Maison-Blanche aux côtés du Président américain Donald Trump. Il a rappelé que la décision des États-Unis de mettre en place une réserve stratégique de minéraux critiques, dotée de 12 milliards de dollars, illustre l’importance géopolitique croissante des pays producteurs comme la RDC.

Cette dynamique internationale, a-t-il souligné, doit encourager les opérateurs nationaux à développer des mines et des industries de classe mondiale, capables de répondre aux standards internationaux en matière de qualité, de durabilité et de gouvernance.

Au-delà des enjeux économiques, le ministre des Mines a insisté sur la dimension politique et sécuritaire des investissements responsables. Selon lui, ceux-ci constituent un levier majeur de stabilité, de paix et de prospérité partagée, notamment dans l’Est du pays, en contribuant à transformer progressivement des économies de conflit en économies de coopération.

Il a réaffirmé l’ouverture de la RDC aux capitaux, aux technologies et aux expertises internationales, dans un esprit de partenariat fondé sur la confiance et la création de valeur partagée. « La République démocratique du Congo est ouverte aux affaires », a conclu le ministre, appelant les investisseurs à s’engager aux côtés du pays dans une nouvelle phase de son développement minier, industriel et technologique.

CHRONIK’ECO

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