Le Haut Conseil pour le climat (HCC) a vivement critiqué, vendredi 5 septembre, la position défendue par la France concernant la future cible climatique européenne pour 2040. Selon l’instance indépendante, Paris risque de provoquer un « blocage institutionnel » et fait peser une « menace » sur l’Accord de Paris.
Un objectif européen contesté
Les ministres de l’Environnement de l’Union européenne devaient se prononcer sur la feuille de route climatique du continent, qui prévoit une réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040 par rapport à 1990. Cette cible, proposée en juillet par la Commission européenne, doit constituer une étape essentielle vers la neutralité carbone en 2050 et servir de base à un plan climat intermédiaire pour 2035.
Or, la France réclame davantage de temps et souhaite que ce sujet soit renvoyé devant le Conseil européen fin octobre. Une stratégie dénoncée par Jean-François Soussana, président du HCC, qui redoute un compromis minimaliste : « En privilégiant l’objectif 2035, on risque de se limiter à une baisse de 66 % des émissions, ce qui compromettrait la neutralité carbone et affaiblirait la crédibilité internationale de l’Europe. »
Risque de blocage à l’approche de la COP30
Le HCC insiste également sur l’urgence d’un accord rapide. Une adoption en septembre aurait pu se faire à la majorité qualifiée des ministres. À l’inverse, un renvoi au niveau des chefs d’État et de gouvernement imposerait l’unanimité, rendant probable un double blocage : ni cible 2040, ni nouveaux engagements européens avant la COP30, prévue en novembre au Brésil.
De son côté, la ministre française de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, assure que la France n’a « aucun problème avec l’ambition climatique ». Elle plaide toutefois pour un « réalignement des politiques européennes » en matière de commerce, d’énergie et de compétitivité, avant d’acter un nouvel objectif chiffré.
Avec rfi


