Après plus de deux semaines de paralysie dans les hôpitaux publics, les syndicats du secteur de la santé ont décidé de suspendre leur mouvement. Une décision qui fait suite à plusieurs engagements pris par le gouvernement, notamment sur les salaires et les primes.
Les syndicats du secteur de la santé en République démocratique du Congo ont annoncé la suspension de leur grève, lancée il y a plus de quinze jours. Cette annonce est intervenue à l’issue d’une réunion tenue le 30 juillet 2025, à Kinshasa, avec plusieurs membres du gouvernement, dont le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, le ministre du Budget, Aimé Boji, et le ministre de la Santé, Roger Kamba.

Des engagements précis du gouvernement
À l’issue de cette rencontre, le gouvernement s’est engagé à :
- Décaisser la paie complémentaire du deuxième trimestre ;
- Aligner plusieurs catégories du personnel à la prime de risque ;
- Payer le troisième palier des indemnités de logement et de transport ;
- Réajuster les salaires de 5 177 médecins ;
- Majorer la prime de risque pour d’autres professionnels de santé.
En contrepartie, les syndicats se sont engagés à préserver la paix sociale dans toutes les structures sanitaires du pays. Une nouvelle réunion est prévue pour le 6 août 2025 afin d’évaluer la mise en œuvre effective de ces engagements.
Un contexte de revendications persistantes
Les grèves dans le secteur de la santé en RDC sont récurrentes. Elles trouvent généralement leur origine dans le non-paiement des primes, la faiblesse des salaires et la précarité des conditions de travail. Les professionnels réclament principalement une revalorisation salariale, une équité avec les autres corps du secteur, ainsi qu’un paiement régulier des primes de risque.
Ces arrêts de travail ont un impact direct sur les services hospitaliers : interruption de certains soins, surcharge dans les urgences, et détérioration générale de la qualité de la prise en charge. Des conséquences d’autant plus graves en période de crise sanitaire, comme ce fut le cas durant la pandémie de COVID-19 ou lors des épidémies de choléra, où la continuité des soins est vitale.
Nicole Mansanga


