La République démocratique du Congo (RDC) pourrait générer 9 800 milliards de francs congolais supplémentaires de produit intérieur brut (PIB) d’ici 2029, tout en connectant près de 10 millions de nouveaux utilisateurs à l’internet mobile. C’est ce que révèle un rapport publié par la GSMA, en marge de Africa Summit DRC 2025.
Selon le rapport, cette croissance repose sur un scénario : la mise en œuvre rapide de réformes fiscales, réglementaires et infrastructurelles destinées à lever les freins actuels au développement numérique.
Avec plus de 100 millions d’habitants et une population parmi les plus jeunes du continent, la RDC se situe au cœur d’un paradoxe. Le téléphone mobile y est devenu l’outil de communication et d’accès aux services le plus répandu. L’argent mobile, en particulier, joue un rôle vital dans une économie où l’accès bancaire reste très limité.
Pourtant, la fracture numérique demeure profonde. Moins d’un Congolais sur deux (45 %) bénéficie aujourd’hui d’une couverture internet mobile. Les zones rurales, où vit la majorité de la population, souffrent de faibles infrastructures, d’un accès irrégulier à l’électricité et d’une absence de solutions abordables. Le coût des appareils et des forfaits demeure prohibitif pour une grande partie de la population.
En parallèle, les opérateurs mobiles évoluent dans un environnement fiscal et réglementaire complexe, marqué par une multiplicité de taxes sectorielles et des procédures lourdes. Cette situation, selon la GSMA, « menace la viabilité des investissements » et freine l’extension des réseaux.
Des réformes pour libérer le potentiel numérique
Le rapport, intitulé « Stimuler la croissance économique grâce à la transformation numérique en RDC », trace une feuille de route en cinq axes prioritaires : Moderniser les cadres fiscaux : simplifier et harmoniser la fiscalité du secteur mobile afin de réduire les prix pour les consommateurs et encourager l’investissement privé ; Renforcer la planification des infrastructures numériques et énergétiques : coordonner les politiques publiques pour déployer l’internet dans les zones rurales encore mal desservies : Accélérer le développement des compétences numériques : former une nouvelle génération de citoyens capables de participer activement à l’économie numérique, grâce à des partenariats public-privé.
Autres axes prioritaires, c’est Élargir l’accès au spectre et réformer les licences : rendre disponible le spectre radioélectrique à des conditions abordables et transparentes, favorables à l’investissement ; Exploiter le mobile pour améliorer les services publics : intégrer les plateformes numériques dans l’éducation, la santé et l’administration afin d’accroître leur portée et leur efficacité.
L’étude rappelle que le secteur mobile contribuait déjà entre 63 et 64 milliards USD au PIB en 2022, puis 66 milliards USD en 2023. Mais son potentiel reste largement sous-exploité.
En cas de réformes réussies, le numérique pourrait générer plus de 8 600 milliards CDF de valeur économique supplémentaire dans trois secteurs stratégiques : les mines, en améliorant la productivité et la transparence des opérations ; l’agriculture, grâce à la digitalisation de la chaîne de valeur et à la diffusion d’informations de marché ; les services publics, via l’intégration des solutions mobiles dans la gestion administrative, l’éducation et la santé.
Pour la GSMA, l’équation est claire : sans réformes, la RDC restera en marge de la transformation numérique africaine. Mais en libérant le potentiel du mobile, le pays pourrait stimuler sa croissance, réduire la fracture numérique et renforcer son inclusion sociale et économique.
« Une politique fiscale et réglementaire adaptée, alliée à des investissements dans l’énergie et les infrastructures, pourrait transformer le numérique en un moteur majeur de croissance et d’inclusion », insiste le rapport.
Alors que la demande de connectivité ne cesse de croître, l’heure est désormais à la décision politique. La RDC dispose des atouts démographiques et du dynamisme nécessaires. Reste à savoir si les réformes suivront le rythme imposé par l’urgence numérique.
Un groupe homogène
La GSMA est une organisation mondiale qui unit l’écosystème mobile pour découvrir, développer et déployer des innovations favorisant des environnements économiques positifs et des changements sociétaux. Notre vision est de libérer tout le potentiel de la connectivité afin que les populations, les industries et la société puissent prospérer.
Représentant les opérateurs mobiles et les acteurs de l’écosystème mobile et des secteurs adjacents, la GSMA agit pour ses membres à travers trois grands piliers : Connectivity for Good, Industry Services and Solutions et Outreach. Ses actions couvrent l’élaboration de politiques, la réponse aux grands défis sociétaux, le soutien aux technologies et à l’interopérabilité qui font fonctionner le mobile, ainsi que l’organisation des plus grands rassemblements mondiaux du secteur, notamment le MWC et la série d’événements M360.
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