Sept membres de l’escorte de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka sont jugés devant la Cour militaire de Kinshasa/Gombe. Ils sont accusés d’avoir tué un policier commis à la Police de circulation routière (PCR)
Ces policiers membres de l’Unité de protection des institutions et hautes personnalités (UPI/HP) en détachement à la primature sont poursuivis pour violation des consignes et homicide préterintentionnel. La première audience d’identification des présumés coupables a été organisée le jeudi 2 avril 2025 à la Cour militaire de Kinshasa/Gombe.
Les faits reprochés à ces policiers remontent d’il y a quelques jours. Les membres de l’escorte de la Première ministre auraient administré des coups à un élément de la Police nationale congolaise (PNC) commis à la Police de circulation routière (PCR) et affecté sur l’avenue Mondjiba, tronçon compris entre le rond-point Socimat et Kintambo magasin dans la ville de Kinshasa. L’infortuné est décédé au cachot, probablement des coups lui administrés par ses pairs.
D’après le témoignage d’un autre agent de la PCR affecté au même endroit que l’infortuné, Fiston Kabeya Senda a été copieusement tabassé sur ordre du responsable de la sécurité de Judith Suminwa, simplement parce qu’il a tenté en vain d’interdire au cortège de la cheffe du gouvernement qui roulait à contresens.
« Le cortège de la Première ministre roulait à contresens. Mon collègue a tenté de faire comprendre en vain à l’équipe de la Première ministre qu’elle commettait une contravention, punie par le Code de la route. Mécontents, l’équipe est revenue sur le lieu quelques dix minutes après. Sur ordre d’un major qui commande la sécurité de la cheffe du gouvernement, Fiston Kabeya Senda a été copieusement tabassé sur le lieu avant d’être jeté dans une jeep de l’escorte qui l’a conduit au cachot de l’auditorat militaire où il a trouvé la mort quelques heures plus tard. Le corps sans vie de Fiston Kabeya est gardé à la morgue du camp militaire Colonel Kokolo », a déclaré l’agent de la PCR non autrement identifié.
Signalons qu’à l’audience de jeudi 3 avril 2025, les avocats de la partie demanderesse ont sollicité la comparution de la République démocratique du Congo comme civilement responsable. La prochaine audience est prévue le vendredi 11 avril 2025.