Nommé ministre de la Justice et Garde des Sceaux par ordonnance présidentielle, Me Constant Mutamba est très attendu pour reformer le système judicaire de la République démocratique du Congo. Il a pour mission de restaurer un véritable ‘’état de droit’’ tel que prôné par le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, qui a toujours qualifié la justice congolaise de ‘’malade’’.
Plusieurs fois il y a eu des dénonciations sur les pratiques maffieuses qui secouent le système judicaire de la RDC. Malheureusement, la ministre Rose Mutombo, était totalement déconnectée de la réalité de terrain. Elle s’est juste contenter des registres des magistrats qui semblaient lui donner l’impression d’un travail bien fait. Pourtant, la population était souvent victime d’une injustice notoire dans tous les cours et tribunaux.
A l’issue de la ronde qu’elle avait effectuée en 2022 à quelques prisons de Kinshasa et notamment à celle de Makala, le constat était amer. Elle s’est rendue bien compte que des magistrats de la capitale ont l’habitude d’envoyer à la prison centrale de Makala des personnes en situation préventive, sans procès ni condamnation. En 2023, la ministre de la Justice Rose Mutombo avait annoncé officiellement la radiation des magistrats accusés de corruption. Une situation qui a démontré noir sur blanc les faiblesses de la justice congolaise. Malheureusement, elle n’a pas pu démanteler des réseaux maffieux qui se sont constitués dans les cours et tribunaux et particulièrement à la Cour de cassation.
La spoliation à la mode
Il est sans ignorer que des réseaux maffieux gangrènent le système judicaire congolais. Chaque jour qui passe, les citoyens congolais sont victimes des confiscations de leurs parcelles par les puissants du pays constitués très souvent des généraux et colonels de la police, des politiciens hauts gradés, des mandataires de l’Etat, des ministres, des sénateurs, des députés en collaboration avec le corps judiciaire. Sans oublier l’implication du ministère de l’urbanisme et Habitat.
Ces réseaux existent sur l’ensemble du territoire national. Des nombreux propriétaires des maisons sont délogés par des hauts gradés ou des proches du pouvoir grâce à des manœuvres administratives. Une situation dramatique devenue monnaie courante en RDC depuis 2019. A Kinshasa, plusieurs familles sont actuellement sans abris. Il ne manque pas un officier derrière chaque coup. Des fois ils utilisent leurs émissaires pour qu’on ne sache pas leurs vraies identités.
Détournements en série
Plusieurs dossiers de détournements déposés au ministère de la justice n’ont jamais été transmis à la Cours de cassation. En janvier 2024, l’ASADHO et l’ODEP avaient accusés la ministre de la Justice de bloquer, depuis près de 4 mois, les dossiers de détournement de près de 15 millions USD à la Gécamines et environ 9 millions autres au trésor public. Les deux organisations ont toujours invité la ministre à transmettre lesdits dossiers au procureur près de la Cour de cassation afin d’initier des poursuites judiciaires contre les présumés coupables. Depuis lors, rien n’est fait.
Qui pour sauver la justice congolaise ?
L’appel est donc lancé à l’actuel ministre de la justice et de garde des Sceaux, M. Constant Mutamba, de chercher à tout prix à mettre la main sur des généraux et colonels qui spolient les biens des populations sans autre forme de procès, en collaboration avec les magistrats et procureurs.
Dans un pays où règne l’état de droit, le gouvernement est dans l’obligation de bannir toutes ces pratiques. La corruption a gagné du terrain dans presque tous les secteurs de la vie sociale. Les hauts magistrats travaillent actuellement pour les hauts gradés dans la spoliation des maisons des citoyens congolais, la corruption, le détournement. Tous ces acteurs qui terrorisent la population ne sont pas poursuivis par la loi. L’heure a sonné pour mettre fin à l’impunité qui a gagné du terrain depuis plusieurs années.
Armel Langanda