Les congolais font face tous les jours à la pratique de spoliation de leurs biens immobiliers par les puissants du pays. La question sur toutes les lèvres est la suivante : Qui sont les spoliateurs et comment parviennent-ils à leur fin ? Malheureusement, la plupart de dossiers de spoliations des biens immobiliers des citoyens congolais et de l’Etat impliquent directement les officiers de police et de l’armée. Ils ont constitué des réseaux maffieux très puissants et agissent en étroite collaboration avec des magistrats.
Ils sont souvent hauts gradés et financièrement aisés. Ils ont pour mission de déloger les habitants grâce notamment à des manœuvres administratives. En collaboration avec des agents internes du ministère des affaires foncières, ils se font fabriquer des faux documents dans l’objectif d’escroquer les maisons des citoyens congolais et de l’Etat. Cette affaire de spoliation des biens immobiliers a déjà causé la mort de plusieurs personnes dans l’ensemble du territoire national congolais.
Les spoliateurs touchent même les biens immobiliers de l’église catholique. Les dénonciations ont été faites par l’archevêque de Kinshasa, le Cardinal Fridolin Ambongo. Lors d’une célébration eucharistique l’année dernière à Kinshasa, le prélat catholique avait même confirmé les menaces d’un groupe de prédateurs et malfaiteurs en situation de pouvoir constitué généralement des colonels, généraux, hauts magistrats et hauts politiciens, qui ont pour travail tous les jours de chercher à escroquer les terrains de l’église. Il a rassuré à l’ensemble de la communauté d’aller jusqu’au bout contre cette loi de la jungle.
Face à cette recrudescence des actes de spoliation des biens immobiliers des citoyens congolais et de l’église catholique, l’Association Africaine de Défense droit de l’Homme « ASADHO » a plusieurs fois sollicité l’implication formelle du Chef de l’Etat pour mener une lutte contre les spoliateurs. Malheureusement, rien n’a été fait jusqu’à ce jour et la situation sur le terrain ne fait que s’empirer. Il faut noter que, les affaires de spoliation immobilière représentent à ce jour plus de 80% de dossiers traités au niveau des cours et tribunaux.
Dans la plupart de ces dossiers traités, dissimulent les officiers de police et de l’armée. Ils agissent dans l’ombre et sont difficilement repérable. Qui pour les déférer devant la justice ? Qui pour dévoiler leurs identités à la population congolaise victime de leurs actions de barbarie et de violation des droits de l’homme ? Des questions qui n’ont toujours pas eu des réponses. Dossier à suivre…
Armel Langanda